Bonjour à tous !
Continuons aujourd’hui notre visite dans le sud-est tunisien !
Le massif du Dahar, que nous suivons depuis Matmata, recèle de sites historiques très intéressants. Il s’agit des Ksour (Ksar au singulier).
Le Dahar a, de tout temps, été prisé par sa position stratégique, entre mer et désert, entre civilisation arabe et berbère, entre colonisation française et voisinage libyen…
Ainsi, depuis toujours, cette région est le théâtre de conflits et passes d’armes réguliers.
Afin de se protéger, les populations locales se sont enterrées (on l’a vu à Matmata, dans cet article), et ont construit des réserves pour dissimuler leurs récoltes et productions.
Ces réserves, ce sont les ksour.
On dénombrait il y a 150 ans près de 600 ksour, perdus dans les montagnes. Aujourd’hui, seule une poignée existe encore, dans un état plutôt précaire.
La particularité des ksour, c’est leur intégration dans le paysage. Le but recherché étant la sauvegarde des victuailles, chacun des ksour se devait de passer inaperçu. Ainsi, ils sont tous construits en montagne, imitant falaises et éperons rocheux. Les murs étant faits avec les roches locales, on ne les voit quasiment pas de loin.
Chaque ksar est un assemblage de greniers familiaux, les ghorfas. Elles sont construites de façon concentrique, donnant sur une cour centrale. La façade extérieure sert de rempart.
Chaque ghorfa mesure environ 2 m de haut, pour 5 à 8 mètres de profondeur. Suivant les ksour et la richesse du village, on peut trouver 3 à 4 étages de ghorfas.
L’entrée du Ksar Hallouf
Ksar Hallouf est sans doute l’un des ksour les plus difficilement atteignables : on y accède actuellement par une piste d’une dizaine de kilomètres, serpentant le long d’une magnifique vallée.
Sur l’éperon, des dizaines de ghorfas dominent le village :
La place centrale.
Vu depuis l’intérieur d’une ghorfa.
L’intérieur d’une ghorfa.
Dans celle-ci, on y tient accroupi.
Ksar Haddada :
Le Ksar Haddada est beaucoup plus touristique, car certains épisodes de Star Wars y ont été tournés. De plus, un parking dispose de places pour bus… Un
hôtel y a été construit il y a quelques dizaines d'années.
La visite est intéressante car le ksar a été bien restauré :
Une porte d’entrée.
Ce ksar a été en partie restauré suivant les traditions : les murs de pierres sèches ont été recouverts d’enduit ocre. Au rez de chaussée, on retrouve les habitations, et à l’étage les ghorfas.
La partie restaurée pour le tournage de Star Wars.
La partie restaurée, avec pierres apparentes.
Ce ksar, situé proche de Tataouine, est sans conteste le plus étonnant de la région. En fait, il a été restauré dans son intégralité récemment.
L'intérieur du ksar
Ksar Ouled Soltane au coucher de soleil.
Douirat (Douirette pour les intimes) est plus un village qu'un ksar. En fait, on retrouve les ruines d'un ksar sur la crête d'une montagne, et tout un village juste en dessous.
Ce village est très particulier ! Afin de se protéger de la chaleur et des envahisseurs, les habitants ont creusé des maisons troglodytes. Pas dans l'argile comme à
Matmata, mais dans la roche.
Dans le secteur, ils ont trouvé une strate particulièrement facile à tailler. Du coup, toutes les maisons sont alignées à flanc de montagne le long de cette strate, sur près d'un kilomètre. Sur le pas des façades, un chemin permettait aux mules de traverser le village.
Malheureuseument la plupart des habitations tombent en ruine, à part une ou deux qui sont sujettes à restauration.
La vue est magnifique sur la plaine, étalée à nos pieds.
Les ruines de Douirat, un palmier, un hurluberlu qui fait un effet pour la photo...
Voila donc pour la description de quelques ksour tunisiens. Je n'avais plus de batteries dans l'appareil photo, merci à Thomas pour ses photos.
A l'occasion, d'autres photos!
Prochainement, une petite description des paysages 'Arizoniens', vraiment spectaculaires !
A bientôt !