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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 09:00

Bonjour à tous !

 

 

Sur le retour de la visite des Ksour, une pause s’impose à Tataouine !

 

Et oui, car Tataouine existe réellement, je l’ai trouvé !

Vous remarquerez sur la photo suivante que le nom de la ville n’est pas composé…

Pas de Tataouine-les-Bains, ni Tataouine-les-Oies. Un mythe s’effondre, désolé…

 

 


 

 

En fait, Tataouine est une ville commerçante relativement importante, la plus au sud de la Tunisie. Au-delà, c’est le désert, il reste 300 km de pistes pour atteindre l’extrémité du pays, à la frontière Libye / Algérie / Tunisie.

 

Tataouine est une ville récente, construite en 1912 pour accueillir la Légion Etrangère française. Fut construit également le bagne militaire associé. C’est ce bagne, réputé pour ses conditions de vie difficiles et pour son isolement total, qui a lancé la légende de Tataouine.

 

 

 

Pour illustrer le mythe, voici le chant de la misère du « Bat’ d’Af’ », extrait du Routard :

 

Il est sur une terre africaine

Un bataillon dont les soldats (dont les soldats)

Sont des gars qui n’ont pas eu d’veine

C’est le « Bat’ d’Af’ » et nous voilà (et nous voilà)

Peut être « joyeux » section spécial.

Il faut sortir de Fresnes ou de Clichy

Ou bien venir de la Centrale.

C’est d’ailleurs là qu’on nous choisit (qu’on nous choisit)

Mais qu’est-ce que ça fout, on s’en fout

En marchant sur la grande route

Souviens-toi, souviens-toi

Les anciens l’ont fait sans doute (avant toi, avant toi)

De Gabès et Tataouine, de Gafsa et Médenine

Sac à dos dans la poussière.

 

 

Désormais, tout ce passé n’existe que dans les mémoires.

Tataouine est devenue commerçante. Elle est au centre de la région des Ksour, dispose de belles routes vers les autres villes. Il n’y a pas de monument important, la ville est très populaire.

 

On y retrouve LA spécialité locale : les cornes de gazelles…

Ce sont des pâtisseries fourrées de graines de sésame, d’amandes, trempées dans du sirop…

A éviter pour un régime, mais succulentes !

 

 

Enfin, Tataouine est également passée à la postérité, depuis la sortie de Star Wars.

En effet, une partie du tournage a eu lieu dans la région (dans les Ksour, à Matmata). Et Georges Lucas s’est inspiré du site pour nommer une des étoiles, connue sous le nom de Tatooine

 

 

Prochainement, la visite de Tombouctou !

(Ou pas...) 


A bientôt !

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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 09:00

Bonjour à tous !

 

 


Je vous présentais dans le précédent article les Ksour, ces forteresses construites dans le Dahar pour se protéger des invasions. Afin de visiter les différents sites encore existants, il nous faut sillonner les montagnes du Dahar.

 

Depuis Matmata, en passant par Toujane, puis Médenine et Tataouine, nous longeons donc le massif du Dahar, qui forme une véritable barrière entre la plaine côtière et le désert.


Je vous avais expliqué la présence de strates calcaires horizontales, formant des plateaux suspendus au dessus des plaines. Ces formes sont très facilement visibles du côté de Chenini et Douirat, à l’ouest de Tataouine. On se croirait en pleine Arizona. A chaque virage, on pourrait s’attendre à croiser Lucky Luke pourchassant les Dalton…

 

La plaine, et en arrière plan les falaises et plateaux du Dahar.

Sur l’éperon, le village de Chenini…

Vous ne le voyez pas ? Normal, tellement il est bien intégré dans le paysage, comme on dit !

 

 


Tout comme à Matmata, les montagnes sont toutes modelées par la main de l’homme, afin de contrôler au mieux les ruissellements. On retrouve ainsi les mêmes endiguements au travers de chaque ravine.

 


 


Les routes sont toutes aménagées dans les vallées (mieux vaut ne pas rouler sous orages…). Autant vous dire de suite qu’on ne roule pas vite dans la région, tant la route est sinueuse, et vallonnée.

 


Vallée et montagne au niveau de Chenini.

On remarque aisément les strates horizontales, au milieu du versant et sur la crête.

En vallée, il n’y a de l’herbe que dans les espaces endigués. Performant !

 

 

Moi sur un promontoire du côté de Chenini (pas de soucis, c’est très stable, y avait un camping-car juste à côté !)

Derrière moi, on observe à nouveau les strates.

D’ailleurs, vous remarquerez que la strate en milieu de versant est complètement recouverte d’un chaos rocheux…

Trace d’un éboulement considérable provenant de la crête !

 

 

Et ce paysage se prolonge ainsi à perte de vue. Illustration parfaite depuis le village de Douirat, dominant une vaste dépression refermée à nouveau par des plateaux perchés. L’impression de solitude est considérable, vu qu’il n’y a qu’un modeste village assommé par le soleil, sans aucun touriste sur les routes.

 

Vue sur la plaine de Douirat.

 

 

 

Je finis avec une petite vidéo illustrant parfaitement les paysages ‘Arizoniens’ de la région :

 


 

 

A bientôt !

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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 17:00

Bonjour à tous !

 

 

Continuons aujourd’hui notre visite dans le sud-est tunisien !

 


Le massif du Dahar, que nous suivons depuis Matmata, recèle de sites historiques très intéressants. Il s’agit des Ksour (Ksar au singulier).

Le Dahar a, de tout temps, été prisé par sa position stratégique, entre mer et désert, entre civilisation arabe et berbère, entre colonisation française et voisinage libyen…

Ainsi, depuis toujours, cette région est le théâtre de conflits et passes d’armes réguliers.

 

Afin de se protéger, les populations locales se sont enterrées (on l’a vu à Matmata, dans cet article), et ont construit des réserves pour dissimuler leurs récoltes et productions.

 

Ces réserves, ce sont les ksour.

On dénombrait il y a 150 ans près de 600 ksour, perdus dans les montagnes. Aujourd’hui, seule une poignée existe encore, dans un état plutôt précaire.

 

 


La particularité des ksour, c’est leur intégration dans le paysage. Le but recherché étant la sauvegarde des victuailles, chacun des ksour se devait de passer inaperçu. Ainsi, ils sont tous construits en montagne, imitant falaises et éperons rocheux. Les murs étant faits avec les roches locales, on ne les voit quasiment pas de loin.


 

Chaque ksar est un assemblage de greniers familiaux, les ghorfas. Elles sont construites de façon concentrique, donnant sur une cour centrale. La façade extérieure sert de rempart.

Chaque ghorfa mesure environ 2 m de haut, pour 5 à 8 mètres de profondeur. Suivant les ksour et la richesse du village, on peut trouver 3 à 4 étages de ghorfas.

 

 

Ksar Hallouf :

 

L’entrée du Ksar Hallouf

 

Ksar Hallouf est sans doute l’un des ksour les plus difficilement atteignables : on y accède actuellement par une piste d’une dizaine de kilomètres, serpentant le long d’une magnifique vallée.

Sur l’éperon, des dizaines de ghorfas dominent le village :

 

La place centrale.

 

 


Vu depuis l’intérieur d’une ghorfa.

 

 

 


L’intérieur d’une ghorfa.

Dans celle-ci, on y tient accroupi.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 


 

 

 

Ksar Haddada :


Le Ksar Haddada est beaucoup plus touristique, car certains épisodes de Star Wars y ont été tournés. De plus, un parking dispose de places pour bus… Un hôtel y a été construit il y a quelques dizaines d'années.

La visite est intéressante car le ksar a été bien restauré :

 

Une porte d’entrée.

 

Ce ksar a été en partie restauré suivant les traditions : les murs de pierres sèches ont été recouverts d’enduit ocre. Au rez de chaussée, on retrouve les habitations, et à l’étage les ghorfas.

 

 

La partie restaurée pour le tournage de Star Wars.

 

 

 

 

La partie restaurée, avec pierres apparentes.

Très pittoresque !











 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

 

Ksar Ouled Soltane :

 

 

Ce ksar, situé proche de Tataouine, est sans conteste le plus étonnant de la région. En fait, il a été restauré dans son intégralité récemment.
C'est également le ksar le plus imposant, le plus 'photogénique'.

On y retrouve 2 cours, du XVème et XIXème siècle, entourées de 4 à 5 étages de ghorfas. Au total, près de 400 greniers sont dénombrés.
Pour rejoindre certaines des ghorfas les plus hautes, des pierres sont incrustées dans les murs, formant des escaliers suspendus : très impressionnant !

L'intérieur du ksar

 

 

Ksar Ouled Soltane au coucher de soleil.

 

 

 

 

Douirat :

 

Douirat (Douirette pour les intimes) est plus un village qu'un ksar. En fait, on retrouve les ruines d'un ksar sur la crête d'une montagne, et tout un village juste en dessous.


Ce village est très particulier ! Afin de se protéger de la chaleur et des envahisseurs, les habitants ont creusé des maisons troglodytes. Pas dans l'argile comme à Matmata, mais dans la roche.

Dans le secteur, ils ont trouvé une strate particulièrement facile à tailler. Du coup, toutes les maisons sont alignées à flanc de montagne le long de cette strate, sur près d'un kilomètre. Sur le pas des façades, un chemin permettait aux mules de traverser le village.

 

Malheureuseument la plupart des habitations tombent en ruine, à part une ou deux qui sont sujettes à restauration.

 

La vue est magnifique sur la plaine, étalée à nos pieds.

 

Les ruines de Douirat, un palmier, un hurluberlu qui fait un effet pour la photo...

 

 

 

Voila donc pour la description de quelques ksour tunisiens. Je n'avais plus de batteries dans l'appareil photo, merci à Thomas pour ses photos.

A l'occasion, d'autres photos!

 

Prochainement, une petite description des paysages 'Arizoniens', vraiment spectaculaires !

 

A bientôt !

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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 18:00
Bonjour à tous !


Toujane, malgré les apparences, est un village plein de vitalité. Les familles restantes continuent de perpétrer les traditions séculaires, sous l'impulsion de quelques personnages pittoresques.

En traversant le village, on tombe rapidement sur la boutique de Béchir, un de ceux qui font bouger Toujane :

Tapis, collier de figues séchées, poteries, sont tous produits dans le village.


Béchir, et son frère, vendent les produits locaux. On retrouve dans leur boutique de multiples tapis (kilim et mergoum), réputés dans toute la Tunisie, des produits saisonniers comme les olives (et de l'huile aussi), les figues, les dattes, les pastèques ... Tous ces produits sont bien entendu d'une qualité introuvable ailleurs !

Tapis-de-Toujane-Tunisie.jpg
  Les motifs multicolores d'un tapis

Dattes-sechees-Toujane-Tunisie.jpg
Le séchage des dattes sur les toits  

  
Plusieurs familles se sont spécialisées dans l'hébergement en troglodytes.
En effet, la plupart des maisons disposent de salles taillées dans la montagne. Certains de ces espaces ont été réaménagés afin d'accueillir les touristes cherchant à sortir des chemins battus, et hôtels **** de Djerba... :

Une des 3 chambres de l'auberge de Béchir.


Outre le cadre exceptionnel, un des intérêts majeurs du village est l'accueil des habitants. Il est ici chaleureux, authentique, à des années-lumières des sites attrape-touristes que l'on rencontre ailleurs.


Par exemple, le dîner peut se prendre avec Béchir, en famille. Autour du couscous, la discussion devient très vite passionnante, et l'on comprend mieux les difficultés de la vie à Toujane. L'énergie de Béchir pour faire vivre le village se fait immédiatement ressentir.
On réalise alors rapidement que notre société de consommation basée sur une course en avant permanente n'est pas forcément celle qui apporte le plus.

Dîner cher Béchir.
A gauche, un belge également à l'auberge, puis Pauline, Martine, moi, et Béchir.


Départ le matin, juste avant le passage dans la boutique !



D'autres rencontres sont marquantes, comme cet enfant à la source.
Alors que nous étions en train de remplir des bidons avec Béchir, un petit s'est approché avec son âne et ses bidons encore vides :

Au détour d'un sentier

Le voir le sourire jusqu'aux oreilles, jouant avec son âne, fut un moment fort, où on se rend compte que : 1- l'eau est une denrée rare et essentielle, 2- peu de choses suffisent à rendre heureux.



Bref, vous l'aurez compris, Toujane est une escale obligatoire, permettant de rencontrer des personnes attachantes et vraies. Un étape qui remet en place les esprits, assurément !


Mais chut...  Que les Tours-Opérators restent à Djerba !


A bientôt !
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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 18:00
Bonjour à tous !


Retour aujourd'hui dans le Sud tunisien, avec la découverte du village berbère de Toujane.

C'est en quittant Matmata par le sud que l'on pénètre définitivement dans le massif du Dahar.
Après une dizaine de kilomètres de route zigzaguant entre crêtes et vallées, on débouche sur un promontoire dominant le village de Toujane :

Toujane, au lever de soleil.


La vision est alors spectaculaire : le village se camoufle très bien dans le paysage.
En effet, les maisons sont construites avec les matériaux issus des massifs voisins, et sont donc de la même couleur que les montagnes.
Seuls quelques bâtiments sont couverts de chaux, donc blancs.
On dénombre environ 50 familles actuellement, nombre en décroissance constante.

Le village est surplombé par une crête.
Le versant domine toute la plaine de Médenine, avec en toile de fond Djerba.



La route reliant Médenine à Matmata, passant par Toujane, a été refaite récemment. Les bus touristiques peuvent maintenant relier Matmata depuis Djerba ! Occasionnellement, ils s'arrêtent à Toujane, admirer l'artisanat pittoresque.
Cette route nous permet de contempler les strates calcaires composant le Dahar :

Je vous saoule pas avec mes cailloux à chaque article?



Le massif du Dahar est très sec. Très peu de pluies arrosent le secteur, on peut dire que la sécheresse est quasi permanente dans la région. Mais quand il y a un orage, ça ne fait pas semblant !
Du coup, les oueds sont d'une dimension impressionnante !

L'oued qui traverse Toujane.
La traversée est impossible en cas de crue. L'école est d'un côté, les principales habitations de l'autre !



En fait, la sécheresse permanente est l'élément clé de la région. Les points d'eau sont très rares.
Ainsi, Toujane est un village qui ne possède pas l'eau courante. Son altitude et l'exode vers les plaines ont longtemps découragé les autorités à investir dans des aménagements colossaux.
Du coup, les habitants exploitent une source située à plus d'un kilomètre, et vont chercher l'eau à pied ou en âne. Autant vous dire que la vie est extrêmement difficile.

Une femme va se réapprovisionner en eau, dès l'aube.


Malgré tout, Toujane n'est pas un village mort. La population se mobilise, afin de sauvegarder l'identité berbère du site.
Je reviendrai dans le prochain article sur les conditions de vie et les habitants de Toujane.

A bientôt !
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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 12:00

Bonjour à tous !

 


Retour aujourd’hui dans le sud de la Tunisie !

Après la découverte de l’oasis de Ksar Ghilane, la route nous mène tout droit à Matmata. J’y suis donc passé en octobre dernier, puis de nouveau fin mars.

Attention, il ne faut pas confonfre Matmata l'ancienne, ici présentée, avec Matmata Nouvelle, ville sans intérêt notable, construite récemment dans la plaine.

 

  Voir sur GoogleEarth      (Explications)

 

L’arrivée à Matmata, depuis Douz.

 


Situé à mi-distance entre Douz et Djerba, Matmata marque l’entrée dans le Dahar. Ce massif montagneux, spectaculaire, forme un gigantesque plateau. A l’est, en contrebas, se trouve la plaine de Gabès/Djerba/Médenine. A l’Ouest, c’est le grand Erg, le désert. Et au milieu, donc, le Dahar.

On trouve une alternance de roches plus ou moins dures, formant différentes terrasses. Dans les parties tendres, les ruissellements forment un paysage d’érosion exceptionnel.

 

La vue vers le Nord. On distingue Matmata Nouvelle, au fond.

La route zig zag difficilement…

 


La vue vers l’Est. Au fond, la mer, et Djerba.

Le paysage est lunaire, ou martien, comme on veut !

Evidemment, cette vaste plaine est un no man’s land.

 

 

Matmata se trouve dans une cuvette, au niveau d’une énorme couche d’argile.

De tous temps, cette particularité géologique a été valorisée par les civilisations. Ainsi, les Romains, puis les Berbères, se sont installés dans cette cuvette. Les habitations sont typiques et originales : elles sont creusées dans l’argile.

Pour chaque habitation, on retrouve une cour centrale, de 5 à 10 m de profondeur, ouverte. vers le ciel. Taillées dans ses flancs, plusieurs salles, dont la cuisine, les chambres, ou encore la réserve de nourriture.

 

Ces troglodytes disposent ainsi de la climatisation naturelle de l’argile : il fait bien plus frais l’été, et plus chaud en hiver.

Autre particularité : une citerne se trouve sous la cour centrale. Elle permet le drainage et  le stockage des eaux de pluie, évitant l’inondation de la maison en cas de trop forte pluie.

 


La cour d’un hôtel de Matmata. On est environ à 7 m sous terre.

 

Une autre habitation, envahie par les touristes…

Nous nous étions incrustés au milieu d’un car de suédoises….

 

 

Matmata récupère un flot considérable de touristes. Une raison simple : certaines troglodytes ont servi de décors à la saga de Georges Lucas, Star Wars, en 1976. Du coup, tous les fans déboulent ! C’est bien dommage, les habitants deviennent assez agressifs, chacun voulant que l’on visite sa maison. Mais bon, «  C’est le jeu, ma po’ve Lucette ! ».

Je reviendrai sur l'épisode Star Wars dans un prochain article...

 

 


En s’éloignant un peu de l’agitation centrale, on peut accéder à un promontoire dominant toute la région. La vue y est splendide, à 360° !

On comprend mieux l’urbanisation de Matmata :

 

Vue générale de Matmata.

On distingue, en fond, des dizaines de trous : ce sont les habitations troglodytes !

 

 

 

Dans cette région, les précipitations sont très rares, mais violentes, du fait des terrains argileux et pentus. Outre l’habitat souterrain, les populations ont énormément travaillé les paysages. Les conséquences recherchées : diminution des crues, de l’érosion, et un meilleur stockage de l’eau dans les sols.

 

Ainsi, sur les versants, des banquettes ont été construites, pour ralentir les eaux. Quelques arbustes sont également plantés. Par ailleurs, chaque petite ravine dispose d’une multitude de barrages en pierre sèche, formant des terrasses qui stockent et infiltrent les eaux.

 

Le résultat dans le paysage est hallucinant : alors que, de loin, on ne voit qu’un terrain aride, tout est en fait aménagé. Tous les 200m, un barrage barre les ravines. Les palmiers se développent sur les digues, des oliviers poussent, les terrasses sont cultivées.

 

Sur les flancs, les banquettes, puis les terrasses barrent les ravines.

 

 


La culture devient possible, grâce à la terrasse.

Je peux vous garantir qu'une sieste sous cet olivier vaut son pesant de makrouds!

 


Quasiment dès la crête, les terrasses sont construites, et se succèdent.

On remarque aisément l’effet bénéfique : en amont de chaque digue, l’herbe est bien plus verte !

 

 

 

A suivre prochainement, la découverte du magnifique village de Toujane, perdu dans le Dahar.

 

A bientôt !

 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 18:00
Bonjour à tous !


Retour aujourd'hui sur le périple à Ksar Ghilane, cette oasis perdue en bordure de Sahara.
Lors de ma visite avec Thomas, collègue de promo, fin mars, nous n'avons pas pu résister à une ballade en dromadaire, dans les dunes cotoyant l'oasis.

Voici donc quelques photos, démontrant bien que Ksar Ghilane est véritablement dans le désert :

L'ombre des dromadaires, des deux touristes, et du guide, projetée sur la dune suivante.


 






Thomas profite de la vue sur le désert, avec :

- ses cordons de dunes
- ses herbes à chameau
- son fech-fech (zone de sables mous)
- ses caravanes de 4X4 et 4L qui arrivent de Douz

et un soleil radieux, évidemment!













Le but de la ballade était de se rendre au Ksar proprement dit.
Il s'agit en fait d'une ancienne forteresse, d'origine semble-t-il romaine, située à 2 km de l'oasis.
Une fois arrivé, les dromadaires nous posent, et nous pouvons admirer les ruines, et surtout le panorama à 360°.

Petite pause pour les dromadaires.







"J'ai soif !"
"Ben tu attendras un peu, mon grand ! "










Depuis le fort, construit sur une petite colline , la vue est exceptionelle :

Thomas admire les dunes.


Les dunes à perte de vue !


... et toujours des dunes !




Voici maintenant 3 vidéos insolites :

Lors de cette ballade, il y avait pas mal de vent. Du coup, le sable s'envolait, formant de nouvelles dunes. L'analogie avec les congères de neige est vite faite :




En grattant la base de la pente abritée du vent de ces nouvelles dunes, on peut faire des avalanches !




Enfin, voici à quoi ressemble une ballade à dos de dromadaire :






A bientôt pour de nouvelles découvertes !

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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 11:00
Bonjour à tous !

Une fois la centaine de kilomètres de route allant plein Sud avalée, on aboutit au village de Ksar Ghilane.

  Voir sur GoogleEarth      (Explications)


Derrière le village, cachée par quelques monticules de cailloux, se trouve l'oasis recherchée. Elle se situe à la limite entre le Reg (désert rocheux), et l'Erg (désert sableux). Autant dire que le sable et les dunes sont soudainement omniprésents.
A ce propos, le sable est très particulier : il est très fin, et surtout, de couleur ocre. Je vous dis pas les couleurs au coucher du soleil...

En période normale, il est ainsi impossible de rentrer dans l'oasis en véhicule de tourisme, tellement l'entrée est obstruée par le sable. Seuls les gros 4X4 passent.
Lors de mon passage en mars, nous avons pu rentrer en Punto... Il faut dire qu'il avait plu la veille, et que le sable était donc tassé.

On le voit bien sur Google Earth, l'oasis est rectangulaire, bien organisée. On retrouve évidemment ces lignes droites, une fois à l'intérieur :

L'entrée dans l'oasis de Ksar Ghilane.


L'intérieur de l'oasis est partiellement cultivé. Certaines parcelles, irriguées, possèdent de magnifiques palmiers dattiers, des arbres fruitiers, et des légumes au sol. D'autres parcelles sont occupées par les campements touristiques, et différents stands de souvenirs. Enfin, certaines parcelles sont laissées à l'abondon, peut être par manque de main d'oeuvre?

Quoi qu'il en soit, au milieu de l'oasis, on peut observer des dunes :

Une parcelle de l'oasis en cours d'ensablement.




En bordure d'oasis, le panorama est exceptionnel !
On retrouve quelques arbres, essentiellement des tamaris, au milieu des dunes. En arrière plan, les dunes à perte de vue. Et des étendues d'eau, où viennent s'abreuver moutons, chèvres et dromadaires...

Je vous laisse admirer  !

Difficile de lutter contre les éléments


Chèvres et moutons viennent profiter de l'ombre, et de l'eau.
C'est mon fond d'écran !



En cette fin d'après midi paisible, une caravane de dromadaires rentre au campement.
J'imagine qu'ils vont aller se désaltérer au milieu des chèvres,
et que le chamelier se reposera tranquillement autour d'un thé et d'une chicha...






Bien évidemment, l'oasis est alimentée par une source. Enfin, un forage plutôt!
En fait, en 1953, un forage pétrolier a été entrepris sur le site. Et au lieu de trouver du pétrole, les foreurs ont percé une nappe phréatique captive, à 700 m de profondeur.
Depuis, l'eau s'écoule à la surface, étant artésienne. Elle est à 32° environ, et très souffrée.

Un bassin a été aménagé, avec quelques boutiques, permettant aux touristes de se détendre après plusieurs heures de 4X4.
Malheureusement, trop de voyagistes y viennent. Il y a donc souvent du monde dans la vasque. Mais comme ils ne font qu'étape à Ksar Ghilane (30 minutes montre en main), on peut tout de même profiter du calme, notamment en fin d'après midi :

3 Bourcats oubliant les gelées matinales...
Le bassin en bordure de la source. L'eau est à plus de 30°, c'est le pied absolu !



Moi même, en train de faire la sieste, juste au niveau de la 'source'.
On remarque le bouillonement de l'eau.
Par contre, je déconseille d'y rester des heures... j'ai en effet été malade les 2 jours suivants...
(Inhalation de gaz souffrés sans doute)




Bref, vous l'aurez compris, Ksar Ghilane est magnifique.
Par contre, il est bien préférable de s'y rendre de ses propres moyens, histoire de profiter un maximum de la tranquilité des lieux.
L'idéal est d'y passer une nuit, soit dans un des campements, soit même dans le creux des dunes toutes proches.


A bientôt !
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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:00

Bonjour à tous !

 

Comme promis depuis quelques mois (hum), voici un retour sur mes séjours dans le sud tunisien (Octobre donc, et début avril).

Un gros programme nous attend !

On s’était quitté à Zaafrane, proche de Douz, lors d’une ballade à dromadaire.

 

En quittant Douz, une route se dirige vers l’Est, en direction de Gabès, Matmata, Djerba. Cette route marque la limite sud de la civilisation sédentaire. Au-delà, c’est le désert.

 

A mi chemin entre Douz et Matmata, une route récemment goudronnée descend plein Sud. Au programme, plusieurs centaines de kilomètres de goudron, puis de piste, à travers le désert, jusqu’à la frontière tuniso-algéro-libyenne.

 

 

  Voir sur GoogleEarth      (Explications)

 

 


En direction de Ksar Ghilane. On y trouve quelques congères de sable sur la route.

D’ailleurs, il est fortement conseillé de se renseigner sur l’état de la route avant de la prendre, les conditions variant en fonction des vents des jours précédents.

 

 


Cette route porte le doux nom de ‘Piste du Pipeline’, en rappel à la conduite (de gaz libyen semble-t-il), qui borde la route. On retrouve ainsi régulièrement des morceaux de ce pipeline (enfin, du moins, de l’ancienne version, la nouvelle conduite étant entièrement ensablée).

Autre indice de cette présence, et elle est de taille, cette raffinerie :

 

Juste en bord de route, il y a cette raffinerie.

La torchère est visible à 10km, et crache en permanence de gros panaches enflammés.

 

 


Allez, pour le fun, encore un peu de sable !

Pas de soucis, ça passe !

 

 

D’autres aventures nous attendent sur la route !

Lors de mon passage en octobre, les conditions météo étaient idéales : soleil, vent frais (25°), quelques nuages.

Problème, dans ces étendues désertiques, la présence des nuages crée de grosses variations de température. Du coup, des vents tourbillonnants entraînent la formation de trombes aux alentours des nuages :

 

 


Une petite trombe, en bord de route.

 


Vous me direz, rien d’exceptionnel. Certes.

Sauf quand on observe 5-6 trombes sous un nuage. Puis soudainement un tube de poussière qui monte à 100-200mètres de haut. Et là, c’est tout de suite moins drôle !

 

La formation du tube principal. Heureusement que la route était à 1 km de l’impact…

Sous la flèche, le tube en formation. On le devine juste, malheureusement.

On voit mieux, par contre, les 5-6 autres tourbillons, formant des murs de poussière.

 

 

Au bout de 100 bornes de ligne droite, on arrive enfin au ‘village moderne’ de Ksar Ghilane :


De l’essence, enfin !! (en mode Dupond/Dupont…)

 


Village très étalé, avec forcément un poste de Garde Nationale imposant. On y trouve aussi une belle éolienne, des lampadaires avec panneau solaire. Mais ce qui étonne, ce sont les quelques ‘stations service’ qui jalonnent la piste. La première chose que l’on voit à l’entrée du village (enfin, si on peut parler d’entrée…), c’est cette magnifique station service :

 

Elle n’est pas magnifique ?

Y parait que Schlesser y est déjà passé. Ou pas !

 

 

 


Avec en détail, et en exclu, la fameuse gazelle tunisienne….

 

Moi j’dis ‘Chapeau l’pompiste ‘ !

 

 

 


Juste derrière le village se trouve l’oasis.

Elle fera l’objet du prochain article.

 

A bientôt !

 

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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 18:00

Bonjour à tous !

 

Voici une photo que j’ai prise récemment du côté de Midès, une des oasis de montagne :

 


Un tas de sable ? Oui !

Mais surprenant !

 


Ca ne vous rappelle rien ?

Aller, je vous donne 10 secondes pour trouver !

 

 

Roulement de tambours

 

 

Encore 5 sec

 

 

 

Le suspense est à son comble…

 

 

 

Stooooooooop !

 

Oui, je reste !!! (Oups, je me suis trompé d’émission…)

 

 

 


Trêve de plaisanteries.

Vous avez tous reconnu, j’imagine, une miniature des fameuses falaises de Bonifacio :

 


La ressemblance n’est-elle pas bluffante ?

A part la différence d’échelle (20 cm contre 50 m), tout est identique, des strates plus ou moins érodées, aux blocs éboulés, en passant par les cailloux inclus dans les strates (bon, faut zoomer, je sais)

 

Je ne sais pas vous, mais pour un géologue, ces photos sont impressionnantes.

 

 

A bientôt !

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