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12 novembre 2009 4 12 /11 /novembre /2009 12:00

Bonjour à tous !

 


Samedi dernier, aux environs de minuit, alors que certains somnolaient devant Ruquier, arrosaient le 1er point du GF38 en championnat, ou se reposaient d’une journée de ski en Norvège, d’autres faisaient des acrobaties au bout d’une corde 200 mètres sous terre dans la Tunisie centrale…

 

Samedi soir, me voila suspendu 15 mètres au dessus du vide,

cherchant à atteindre la vire permettant de progresser dans la grotte.

 

 

Mais que suis-je venu faire dans cette posture ?

 

 

C’est suite à une proposition du club de spéléo de Bizerte que je suis allé à la découverte de la Grotte de la Mine. Cette grotte se trouve vers Oueslatia, dans la région de Kairouan.

 

Le massif du Djebel Serdj, abritant la grotte de la mine.

 

La découverte de la grotte remonte aux années 1930. Des mineurs extrayaient de la montagne des minerais de plomb, de zinc, et probablement de fer et de cuivre. Ils creusaient des galeries au travers du filon métallifère. Un jour, un mineur donna un coup de pioche miraculeux : tout s’effondra devant lui, découvrant une gigantesque salle.

Aujourd’hui, l’accès à la grotte se fait donc via les galeries des mines, d’où le nom de la grotte, évidemment. Trois galeries, deux puits, une échelle, et nous voici dans cette immense salle.

 

Le second puits d’accès. Il est taillé dans le filon métallifère exploité au début du XXème siècle.

Le pendage de 60° environ nécessite l’emploi de cordage, donnant un avant goût au reste de l’exploration !

 

Il faut savoir que cette grotte abrite deux salles immenses, qui sont d’après les connaisseurs, les deux plus grandes salles naturelles d’Afrique. La seconde salle, la plus grande, mesure 200 m de long, pour 75 m de large et 45 m de haut !!

 

L’arrivée dans la 1ère salle se fait donc via la galerie des mineurs. Difficile de se faire une idée de la taille de la cavité, nos lampes n’arrivant pas à atteindre la paroi opposée !

De gros blocs composent le sol, certains couverts de stalagmites. D’autres forment de grandes dalles. Nous y avons notamment dormi.

Quatre spéléologues anglais nous accompagnaient : ils ont sorti un mini poste de radio, pour créer une piste de discothèque sur un bloc…

 

Ahahah, sacrés Britishs !

 


Tout au long de cette salle, on retrouve de nombreuses concrétions :

 

Des stalactites :

Et en prime, une chauve souris qui fait la sieste…


Des immenses stalagmites :

A vue de nez : 5 à 6 mètres.

 

Des gours secs ou noyés :


 

Des draperies :

Une magnifique draperie, transparente à la lueur des torches !

La ressemblance avec un drapeau flottant au vent est bluffante !

 

 

Au fond, un accès est possible vers la seconde salle. Nous ne l’avons pas visité,e ça sera pour une prochaine fois. Toutefois, un petit conduit permet d’observer de magnifiques excentriques :

 

Progression dans le conduit

 


Et voici les excentriques en questions :

 

En fait, j’ai l’impression qu’il s’agit d’une cristallisation pure de la calcite, dans toutes les dimensions.

La gravité ne joue plus, favorisant la formation de ces excentriques à la place des classiques stalactites.

 

 

En revenant au niveau de l’échelle, un vaste boyau monte en suivant les strates calcaires. La progression est longue (au moins 400 m je pense), et difficile, car relativement pentue. Dans cette ‘Inter-strate’, comme l’appelle les Bizertins, diverses concrétions sont également visibles :

 

Des piliers :

On remarque que le pilier est rompu.

Sans doute le bloc formant la base du pilier a-t-il bougé depuis la formation de la concrétion.

 

Du 'Corail' :

C’est LA particularité de la grotte de la mine.

La plupart des parois sont en effet recouvertes de ces concrétions en forme de corail.

Il n’y a à nouveau pas de sens de cristallisation : tantôt vers le bas, tantôt vers le haut.

Du coup, certains blocs semblent être recouverts d’une forêt de concrétions.

Y déposer les mains n’est pas recommandé !

 

Des oeufs :

C’est LA seconde particularité de la grotte : ces stalagmites imitant des œufs au plat.

Tout y est : la forme, la taille, la couleur.

C’est impressionnant !

 

 

Avant de remonter, une photo d’une partie du groupe du week-end

Razi, Amine, Mehdi, et les 4 anglais (en rouge). Et moi, comme d’habitude, derrière l’appareil !

 

 


Je vous laisse avec deux dernières prises :

 

La plaine d’Oueslatia, vue depuis l’entrée des galeries.

 

 

 

Un ancien fort. Je n’en connais ni l’origine, ni l’époque.

Une chose est sûre : la région est constellée de sites romains, totalement à l’abandon.

Il n’est pas rare de voir une colonne dépasser d’une haie de cactus, et des blocs taillés en guise de bornes…

 

 

 

Vous l’aurez compris, cette grotte est exceptionnelle. J’y reviendrai forcément, n’ayant pas pu tout voir en deux jours !

 

A bientôt !

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Published by Julien - dans Spéléo
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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 11:00
Bonjour à tous !

 


L’arrivée à la grotte fut difficile. Mais elle valait le coup !

Voici une série de photos qui illustrent cette visite mémorable !


 

Il faut tout d’abord savoir que la grotte que nous avons explorée possède un dénivelé d’environ 0 mètre…

En fait, elle est toute plate, avec un unique couloir qui s’enfonce le long d’une faille dans la montagne. La particularité, c’est que cette galerie est en partie noyée par un filet d’eau.

Du coup, durant toute la progression, nous évoluons dans l’eau, avec des profondeurs allant de 20 cm à 1,70 mètre environ… Combinaison néoprène obligatoire !


 

Slim, avançant avec précaution sous de fines stalactites.

 


Sur certains passages, juste la tête reste hors de l’eau !

 


Un passage est vraiment fin : un vrai trou de souris !

Sinon, il y a un autre passage juste à côté… mais il faudrait plonger sous les concrétions !

 


 

Après 2 bonnes heures de progression, nous atteignons ce qui semble être l’extrémité de la cavité. Et plus c'est loin, plus c'est beau, bien entendu !

 

Des concrétions assez volumineuses, au ras de l’eau (signe que le niveau d’eau varie très peu).

 


L’eau coule !

Au fond, de belles cascades, dans les concrétions ocre.

Pas très loin, des vasques, avec l’eau claire qui contraste avec l’ocre des parois.

 







De nombreuses stalactites tapissent les parois.

Certaines ocre, d’autres presque transparentes.

On retrouve des fistuleuses, toutes fines et très longues, ou encore des excentriques, orientées au hasard.


 

 
















 

 

 



Et cette eau qui coule sous terre, coule également en surface.

Ainsi, en plein été, en pleine montagne, on trouve un mince filet d’eau qui bruisse à travers la végétation. Un figuier s’est installé, tout comme des lauriers roses. Les bergers viennent abreuver les bêtes :

 

Le filet d’eau, le figuier…

Pagnol n’est pas très loin !

 

 


Bien évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de réfléchir à l’origine de cette cavité noyée et de cette source.


En fait, le massif semble être strié de faille. La barre calcaire principale est ainsi découpée en plusieurs compartiments. L’eau s’infiltre, et circule dans les couches calcaires.

La présence des failles va faciliter la circulation de l’eau, en drainant les écoulements. En s’écoulant, l’eau va dissoudre la roche, puis former des stalactites.

Le stockage de l’eau est facilité par la présence d’une couche argileuse sous la couche calcaire, donc d’une couche imperméable : l’eau est piégée, et s’écoule en surface.



En surface, on retrouve la trace de plusieurs failles, dont celle-ci :

 

 

Et le désormais classique schéma Paint qui va avec !

 

La grotte que nous avons visitée se développe le long d’une de ces failles.

Convaincus ??

 

 

 

Sur ce, je vous laisse avec quelques habitants permanents de la grotte, je parle bien sûr des chauves-souris !!


Dans la grotte, une colonie impressionnante de chauves-souris est collée au plafond.

La progression en début de grotte est donc délicate, il faut éviter régulièrement les vols de chauves-souris.

Il faut également bien regarder où nous mettons les mains…

 

 

A bientôt !

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Published by Julien - dans Spéléo
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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:00

Bonjour à tous !

 


 

Le week end dernier, une sortie spéléo était prévue. Nous devions nous rendre dans une grotte, dans les environs de Siliana, dans le centre de la Tunisie.

 

Une sacrée aventure nous attendait. Ou plutôt une mésaventure…

 

Tout débuta le matin. Avec 3h de route pour se rendre sur le site, le lever se fit aux aurores. Sur place, 1h de marche d’approche s’imposait, à travers le maquis, et surtout avec tout le matos de spéléo et de bivouac.

 

Au parking, une idée, bonne au début, nous vint : « Et si on utilisait des ânes pour transporter toutes les affaires ? ».

On est donc parti avec 2 ânes, bien chargés, nous aussi, sur le sentier.

 

3h plus tard, nous arrivions sur le site.

Et oui, 3h, pour 1h prévue… On avait juste zappé le fait que les ânes rechigneraient au passage de certains secteurs un peu difficiles pour eux… Donc je confirme, l’âne est têtu !

Première grosse galère donc…


 

D’où l’expression « Chargé comme une mule »…

 

 

Nous avons donc fini par arriver vers l’entrée de la grotte.

Et là, seconde galère : deux militaires de la Garde Nationale nous attendaient…

Car en Tunisie, il faut une autorisation de la Garde Nationale pour faire de la spéléo. Or il y avait un petit problème avec nos papiers. Et un vieux paysan du coin à l’esprit nationaliste un peu trop développé.

Bref, on s’est vu interdire l’accès à la grotte. On a bien tenté de négocier avec les gardes, toute l’après midi, mais rien à faire. Il faut dire qu’ils n’avaient rien d’autre à faire, que l’ombre sous le figuier était agréable…

Donc à 16h, on a rechargé les ânes, on s’est remotivé, pour redescendre aux voitures…

 

Alors qu’un départ pour la plage se profilait, deux personnes du groupe sont reparties négocier directement avec le chef de la douane. Au bout d’une heure, nous avions l’autorisation de visiter la grotte.

Ni une ni deux, on a cette fois chargé un pick-up, pour emprunter une piste coupe-feu, plus rapide, mais moins folklorique. Il nous restait 20 minutes de marche pour retrouver l’entrée de la grotte. Le soleil était déjà couché…

Troisième galère : installer le bivouac, trouver du bois, et préparer à manger, tout ça de nuit…

 

Le feu, au milieu des murailles calcaires.

 


Les tentes, à l’abri du vent.

 

 

 

Pour ma part, j’ai choisi le hamac !

 


Le réveil fut difficile, vu la journée précédente exténuante. Pourtant certains sont partis tôt dans la grotte. Pour ma part, j’ai profité de la matinée pour me reposer, et faire quelques photos du site :

 

Le vallon juste au dessus de la grotte.

Il paraît qu’il y a de l’eau qui coule au printemps.

En tout cas, avec ce paysage calcaire, cette végétation, ainsi que les troupeaux de chèvres et moutons qui arpentent le secteur, on se croirait dans un Pagnol, dans Manon des Sources par exemple.

 

 


Dans le prochain article, je vous raconterai la visite de la grotte. Elle vaut vraiment le détour !

 

Sur ce, je vous laisse avec ce 4x4, vu sur la route :

 

Le chargement est impressionnant.

Autant vous dire que les limites n’étaient pas loin d’être atteintes.

En tout cas, les lamelles d’acier qui servent d’amortisseurs étaient sous forte contrainte :

arquées vers le bas au lieu de l’être vers le haut…

 

 

A bientôt !

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19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 12:00

Bonjour à tous !

 


Après un samedi à attendre encore en vain  les orages sur mon terrain, j’ai passé tout mon dimanche sous terre…

En effet, le groupe de rando présenté la semaine dernière avait planifié une sortie spéléo, en partenariat avec le club de Bizerte.

 

La cavité visitée se trouve donc au-delà de Béja, dans le nord-ouest de la Tunisie. Soit plus de 2 heures de route.

 

 

 

 

 

 

Les concrétions présentes dans la grotte.

C’est tout blanc, ça brille de tous les côtés.

 

 

 

 

 

 




 

 



Après une rude approche à travers le maquis (il faut dire que le sentier ressemble bien plus à une trace de sanglier qu’à un GR…), nous arrivons à l’entrée de la grotte. Enfin, le vocabulaire adéquat serait plutôt Trou de souris. Pas même 5 m de parcourus qu’il faut déjà se mettre sur les coudes et les genoux, pour avancer en rampant !

 

L’entrée !

On distingue 2 pieds qui arrivent…

Pourtant mieux vaut passer la tête tout d’abord, comme au 1er jour !

 


L’entrée est donc un couloir minuscule, qui s’agrandit au bout de 10m en vaste allée. Au bout, un promontoire qui surplombe la première salle. Un petit rappel est alors nécessaire pour descendre. De ce point, la vue est magnifique : la salle à nos pieds, les concrétions sur les murs, et quelques belles stalactites se dévoilent au passage de nos faisceaux lumineux :

 


 

 

 

 

 

La première salle, recouverte de concrétions blanches et ocres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 




 


 

 




De nouvelles concrétions.

Celles-ci sont composées de milliers de cristaux de calcite, donnant cet aspect en paillettes.

 

 

 

 

 

 

 


Un peu plus loin, une seconde salle, immense (20x30x15 m peut-être). On y arrive via deux accès : un large couloir, par le haut, ou un nouveau trou de souris, en bas. Ce dernier passage est rigolo : au fond, il y a une petite vasque (15cm d’eau), qu’il faut franchir, puis il faut ramper dans de la glaise !

 

 

 

 

 

Par ci par là, différentes petites cavités, difficilement accessibles, nous réservent de magnifiques stalactites et draperies. Elles sont récentes, toutes blanches :

 

 

Le plafond est souvent recouvert d’une multitude de stalactites blanches. Vive le casque !

 

 

Après avoir exploré, puis mangé, nous sommes ressortis… Difficilement, il fallait extraire tout le monde, avec cordes et échelles. Ainsi, je remercie Mr Salino pour les ateliers de cordes du Primaire , et le club de Spéléo pour la durée de l’opération !

 

Et oui…faut toujours penser à ressortir un jour !

 

 

Un fois dehors, un petit décrassage s’est imposé dans la rivière de la vallée (au passage, le plus gros débit vu depuis mon arrivée en Tunisie, à part en période de crues !) :

 


 

 

 

 

Cette sortie spéléo m’a également permis de découvrir les environs de Béja, que je vais vous présenter rapidement !

 

Béja se trouve à 100 bornes de Tunis, en direction du Kef et de Tabarka, au nord-ouest donc. Cette région est très humide, probablement plus que le littoral languedocien. Le relief est peu développé, les plaines se succèdent, entrecoupées de collines et barrages.

Bref, en y additionnant une terre très fertile, on obtient le grenier à céréales de la Tunisie :

 

 

 

 














Au passage, une petite curiosité géologique :

On remarque des couches un peu dans tous les sens, une fois vers la gauche, une fois vers la droite, enfin vers le bas…

Sacré bordel !

 

 


De part ces qualités climatiques, cette région est une étape incontournable pour les oiseaux migrateurs. Le Parc d’Ichkeul, en direction de Bizerte, est ainsi classé Réserve Mondiale de l’Unesco.

 

Béja, pour sa part, est un site très prisé par les cigognes. Autant j’en avais déjà croisées du côté d’Hammamet, ou sur le Cap Bon, autant à Béja, ce sont des colonies entières qui y nichent.

La preuve, ce rond point aménagé, signe que la cigogne fait partie intégrante de la vie locale :

 

A Béja, on est accueilli par des cigognes !

On remarque également un épi de blé, rappelant la forte activité céréalière du gouvernorat.

 

 

De part cette présence importante, les autorités se sont adaptées, en aménageant des sites pour que les migrateurs puissent nicher. Devinez où : au sommet des pylônes téléphoniques et électriques !

 

Un nid.

Notez la plate forme spécifique installée.

 

 

 

Sur ce, je vous laisse, je vais me replonger dans le magnifique Vol des Cigognes, de Grangé !

 


A bientôt !

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